02 octobre 2017

Un discours magnifique



                        Paris, 2 septembre
            Le mérite du discours prononcé le 26 septembre à la Sorbonne par le président Macron n’est pas tant dans le nombre et la pertinence de ses propositions que dans l’affirmation de la grandeur de l’entreprise européenne que des politiciens médiocres ont laissé glisser de la mystique à la technocratie. Les mêmes qui se désolent de la « perte du sens » dans nos sociétés de consommation sont souvent ceux qui caricaturent le grand dessein européen, refusant à l’Europe le mérite de ses accomplissements et lui attribuant la responsabilité d’échecs résultant de l’incapacité des Etats à surmonter leurs particularismes. Ceux qui, comme moi, attendaient depuis soixante ans qu’une grande voix française reprenne, prolonge et mette au goût du jour l’appel prophétique de Robert Schuman ont été comblés. Cette réapparition de la France sur la scène européenne arrive bien tard. Elle ne sera efficace que lorsque les réformes enfin entamées auront produit leurs premiers fruits. En attendant, ou plutôt sans attendre, un énorme travail de conviction reste à accomplir pour lequel il sera sage de prendre appui sur le Parlement et la Commission, notamment en renonçant à créer un Parlement bis pour la zone euro, proposition qu’Emmanuel Macron s’est judicieusement abstenu de reprendre à la Sorbonne.

22 septembre 2017

Un beau débat (suite)



La sagesse serait sans doute de développer autant que possible les liens propres aux membres de la zone euro en demeurant dans le cadre institutionnel des vingt-sept mais en exigeant une abstention des pays hors zone euro dans les décisions relatives à l’union économique et monétaire. L’abstention ne leur interdirait pas de participer aux délibérations et de préparer ainsi leur éventuelle adhésion.  On peut espérer que ces pays préfèreraient cette solution comme un pis-aller leur permettant d’éviter la création d’une nouvelle UE dont ils se seraient exclus, option qui redeviendrait d’actualité si devait persister la posture hostile aux valeurs européennes de certains de ces pays.
            En arrière-plan de ce problème institutionnel demeure la nécessité d’un accord aux termes duquel l’Allemagne et les pays du Nord accepteraient une solidarité élargie en échange d’une réelle responsabilité des pays du Sud.    

Un beau débat



Platier, 22 septembre 2017
            Les observateurs de la scène européenne ne se sont pas encore pleinement saisis du débat ouvert sur la dimension géographique de la relance attendue de l’Europe après le Brexit. Pour le président Macron, suivi sur ce point par une très large part de l’opinion française allant au-delà d’En marche, la zone euro est le cadre au sein duquel la relance ou plutôt la refondation devrait être engagée. Pour le président de la Commission, qui rappelle que tous les Etats membres ont vocation et le plus souvent obligation d’adopter l’euro, toute démarche de relance devrait intéresser l’ensemble de l’Union et se concevoir dans son cadre institutionnel.
            A l’appui de la thèse française, l’existence reconnue par les traités d’institutions propres à la zone euro, les unes à caractère fédéral, la banque centrale, l’union bancaire, les autres à caractère intergouvernemental, l’eurogroupe, le mécanisme de solidarité, mais aussi le développement  de liens politiques noués entre les Etats partageant la même monnaie.
            A l’appui de la thèse de Jean-Claude Juncker, le risque de l’approfondissement d’une fracture de nature à affaiblir l’Union, sa capacité d’action et son influence dans le monde, les difficultés propres à la négociation d’un nouveau traité à laquelle les Etats hors euro ne seraient pas invités à participer, la coexistence problématique de deux systèmes institutionnels.